| .Ce
concept a fait la preuve de son efficacité. Il est
reconnu par les professionnels du monde psychiatrique et social
qui prescrivent d’ailleurs aux patients qu’ils suivent
d’aller rencontrer « les Invités au festin ».
Les personnes vont mieux, elles retrouvent rapidement confiance
en elles, se sentent sécurisées et se remettent en
mouvement. Elles ont moins de symptômes, sont moins réhospitalisées,
prennent moins de médicaments, en particulier celles qui
participent le plus aux activités. Plusieurs ont repris un
travail à l’extérieur.
Cette proposition de prise en charge est non seulement efficace,
mais aussi moins coûteuse, elle ne peut qu’intéresser
les pouvoirs publics. Financièrement, grâce à
ce type de structure, les économies réalisées
par la collectivité sont conséquentes. Sur la 1ère
structure pilote, plus de 2000 journées d’hôpital
ont été économisées. Au total, donc,
la structure permet chaque année une économie de 743
877 € à la société.
Face aux demandes
que nous recevons tous les jours de toutes les régions de
France, et devant le manque de lieux adaptés, nous avons
créé et voulons développer un réseau
de lieux d’accueil et de vie, au niveau national. Ce réseau
s’appelle « IAF réseau Les Invités
au Festin », il a été fondé
le 21 mars 2007. Il réunit par le biais d’une charte
des structures labellisées sur le territoire national, reprenant
les caractéristiques qui ont assuré le succès
de la première maison.
Nous avons actuellement
10 projets en cours de réalisation >>
Afin de changer les mentalités
chez les professionnels de la santé et du social, nous intervenons
dans des formations universitaires et des colloques. L’objectif
à terme est de permettre également aux différentes
structures locales labellisées de devenir outil et lieu de
formation.
Enfin, les politiques et la population en général
n’entendent parler via les médias, que de l’aspect
dangereux de la maladie mentale. Notre objectif est de changer le
regard posé sur les personnes en souffrance psychologique
en diffusant de l’information positive.
Dans cette
perspective, un livre a été écrit par Marie-Noëlle
(paru en janvier 2006, réédité en janvier 2007)
: « On dit qu’ils sont fous et je vis avec eux »,
préfacé par Albert Jacquard, éditions
de l’Atelier et a beaucoup contribué à nous
faire connaitre au niveau national.
Conclusion
..........Nous pouvons dire
aujourd’hui aux IAF que nous avons
énormément appris en vivant avec ceux qu’on
dit « fous ». Ils nous ont enseigné un art de
vivre à nul autre pareil tant il est basé sur l’être,
sur l’essentiel. Ils nous obligent à nous poser la
question du sens, des origines et de la fin, du normal, de la raison
; ils ont malgré eux une liberté que peu de
gens dits normaux ont. Ils sont nos maîtres en courage,
faisant face à l’adversité avec une énergie
hors du commun.
Ils sont hors normes, ils nous devancent et nous
montrent un chemin d’humilité, de liberté et
de vérité, que nous ne pourrons suivre que si nous
nous laissons guider par eux, dans une proximité fraternelle
et joyeuse.
Nous allons même jusqu'à penser qu’ils sont une
chance pour notre société aujourd’hui, car c’est
eux, qui sait, qui vont peut être la guérir de sa folie
à elle. Celle qui nous entraîne dans une course insensée
vers le non sens, la déshumanisation, le mépris en
particulier des besoins fondamentaux de chacun de ses membres, et
en général de tout ce qui est vivant sur la terre.
En définitive, qui soigne qui ? Ce lieu
qui n’est pas un lieu de soin, mais un lieu qui soigne, permet
à chacun, participant, bénévole, salarié,
de faire l’expérience de ce qu’est le véritable
soin, celui qui fait grandir et s’épanouir en retrouvant
le désir et en cultivant « l’art d’être
».
Grâce au développement de
ce concept de psychiatrie citoyenne par le biais du réseau,
nous espérons que le plus grand nombre de personnes pourront
profiter de cette manière d’être et ainsi se
remettront debout, libres et heureuses.
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